Etre un entrepreneur durable s’apprend

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Etre un entrepreneur durable s’apprend

Comment consolider la performance économique de son entreprise? A Bienne, une société propose des formations à l’intention des dirigeants souhaitant acquérir des instruments pratiques du développement durable.

Il n’y a pas si longtemps encore, le vêtement était un article coûteux à produire, donc cher à l’achat et précieux à conserver. Une fois confectionné, commençait pour lui une vie longue et variée. Une robe, par exemple, pouvait d’abord être portée pour une grande occasion puis, aux premiers signes d’usure, s’intégrer à la tenue de tous les jours, devenir un vêtement d’intérieur et enfin n’être revêtue que pour accomplir des tâches ménagères.
Le vêtement traversait par ailleurs les hiérarchies sociales: il descendait des élites jusqu’à leurs domestiques. Dans certains ménages, on le transformait en patchwork, ce qui prolongeait sa durée de vie de plusieurs années. Un vêtement pouvait aussi finir sa vie utile comme chiffon ou serpillière, auquel cas il retournait littéralement à la poussière.

Une valeur symbolique

Qu’en est-il aujourd’hui? Dans son livre « La Véritable Richesse » (Ed. Charles Léopold Mayer), Juliet B. Schor note que le consommateur nord-américain achète en moyenne un nouveau vêtement tous les 5,4 jours. «L’information la plus révélatrice sur le marché actuel de l’habillement est qu’on peut acquérir des vêtements au poids plutôt qu’à la pièce pour seulement un dollar les 500 grammes. Autrement dit, il est possible de payer des vêtements […] moins chers que le riz, les haricots ou d’autres denrées de base. Remis dans une perspective historique, ce fait en devient presque inimaginable.»
Cette consommation débridée ne concerne pas que les habits. Dans les pays à haut revenu, les produits sont devenus si abondants qu’il est d’usage de les renouveler au gré des modes, des saisons et des humeurs. Ordinateurs, téléphones portables, téléviseurs, aspirateurs, fours, grille-pain, machines à café, canapés, imprimantes ou encore voitures en parfait état de fonctionnement sont ainsi mis au rebut. «Les achats ne sont plus impulsés par leur fonctionnalité mais par des considérations sociales et culturelles, explique Juliet B. Schor. Les marques, les styles et l’exclusivité servent à exprimer le statut social, à construire l’identité, à se distinguer des autres ou à s’assimiler à d’autres, raison pour laquelle les gens achètent davantage et jettent plus vite.»
Quid des objets qui tombent en panne? Seul un Français sur cinq (18%) considère comme une évidence le fait de réparer un appareil électroménager ou high-tech plutôt que de le jeter, selon une étude de l’Ademe.

Un impact lourd sur l’environnement

Ces biens que nous consommons à un rythme respiratoire extorquent cependant à la planète un tribut toujours plus lourd. Certaines entreprises, à l’instar de Patagonia, en ont pris la mesure. En quarante-deux ans, l’histoire de cette société désignée par le magazine Fortune comme «l’entreprise la plus cool de la planète» s’est en effet écrite au fil d’actions pionnières et de remises en question. En 1986, à l’heure où la plupart des entreprises ne pensaient qu’au profit, Patagonia soutenait par exemple de nombreuses associations impliquées dans la lutte contre le réchauffement climatique et la sauvegarde de la vie sauvage en leur reversant 10% de ses bénéfices (ou 1% de ses ventes).
En 1988, la question de la durabilité est passée au premier plan lorsque le personnel d’une boutique de Boston a été pris de migraines chroniques et de maux d’estomac provoqués par du formaldéhyde, un composant toxique émanant des vêtements en coton entreposés au sous-sol. Patagonia a alors décidé d’examiner chaque maillon de sa chaîne d’approvisionnement. Une démarche qui a été coûteuse en temps. «Il nous a fallu vingt ans pour prendre conscience des effets de nos activités (la culture de coton traditionnel chargée de pesticides est l’une des plus dévastatrices du monde agricole) et pour nous intéresser à ce qui se passait chez nos fournisseurs», a indiqué à cet égard le vice-président des ventes Vincent Stanley.

«Un business model» moins énergivore

Aujourd’hui, la marque n’utilise plus que du coton biologique. Ses catalogues sont en papier recyclé. Grâce à ses réflecteurs de lumière solaire et à un chauffage radiant, le centre de distribution basé à Reno réalise 60% d’économies d’énergie. Covoiturage, voitures électriques, toutes les mesures sont en outre prises pour conduire les salariés à adopter des modes de transport écoresponsables.
Enfin, et bien que ses polaires soient réalisées à partir de bouteilles en plastique et d’anciennes vestes recyclées, Patagonia a encore créé la surprise en 2011 en invitant les lecteurs du New York Times à ne pas acheter ses vestes. «Même si les matériaux de nos vestes sont durables et recyclés à 60%, leur fabrication requiert une quantité d’eau suffisante pour couvrir les besoins quotidiens de 45 personnes, génère l’équivalent de 20 fois son poids en dioxyde de carbone et produit un volume de déchets équivalent aux deux tiers de son poids», a expliqué Vincent Stanley.

Capitalisme responsable

De façon intéressante, les valeurs de Patagonia séduisent chaque jour un nombre important de nouveaux consommateurs, démontrant par là qu’une économie prospère et une économie responsable peuvent viser les mêmes sommets. Cette entreprise représente malheureusement plutôt l’exception que la norme. En cause notamment, des dirigeants qui peinent parfois à repenser leurs organisations à travers une politique sociale et environnementale.
Pour leur venir en aide, Sanu Future Learning SA, une entreprise biennoise reconnue en suisse depuis plus de vingt-cinq ans pour la formation pratique et le conseil en matière de management durable, les forme et les accompagne dans leurs démarches pour un développement durable.

Une formation en cinq modules

La particularité de cette formation, répartie en cinq modules et dont la durée totale est de huit mois, tient au fait qu’elle combine des aspects de leadership et de développement organisationnel. «Nous analysons et renforçons les compétences en leadership des dirigeants, tout en leur donnant les moyens de faire l’état des lieux de leur entreprise en matière de management durable», résume Marc Münster, membre de la direction chez Sanu Future learning SA. «A ce jour, les deux approches existent de manière séparée sur le marché. C’est cependant en les combinant que cela devient intéressant pour les dirigeants.»
En effet, comme toute autre décision d’affaires, prendre le virage durable comporte des opportunités mais aussi des risques, raison pour laquelle un leadership fort est essentiel. «Prenons le cas d’une entreprise horlogère qui décide que ses catalogues seront désormais imprimés sur du papier recyclé, poursuit Marc Münster. Celle-ci peut se heurter au désaccord du personnel du marketing, lequel a pour mission de véhiculer une image de luxe de la marque, ou à ses clients sensibilisés qui ne comprendraient pas l’incohérence avec l’opacité possible sur la chaîne d’approvisionnement de ses bracelets de cuir. Le conflit n’est cependant pas inéluctable. Il peut être évité grâce à une analyse globale des enjeux économiques, sociaux et environnementaux significatifs, et à la mise au point d’une stratégie d’entreprise cohérente, à même de régler les conflits entre objectifs sectoriels.»
Reste qu’il faut pour cela disposer des outils de management adaptés et du leadership nécessaire pour les piloter. «Le meilleur bateau n’est rien sans un bon capitaine, et inversement», conclut Marc Münster.


Source : Le Temps online / 25 mai 2017 / Amanda Castillo

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  • 29 mai 2017
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